mardi 13 septembre 2011
lundi 12 septembre 2011
POUR UN MONDE MEILLEUR: PROJET IMCOMPLET DES MEMOIRES DE RACHID SFAR EN LA...
POUR UN MONDE MEILLEUR: PROJET IMCOMPLET DES MEMOIRES DE RACHID SFAR EN LA...: صفر كيف سرنا و أين نحن سائرون: المساعي المبتورة. ذكريات وعبر من خلال محطات من حياتي. الحرص على واجب الذاكرة لا للتغني بالماضي بل للاتع...
jeudi 1 septembre 2011
LES CONDITIONS FONDAMENTALES POUR LE SUCCES DE LA TRANSITION DEMOCRATIQUE EN TUNISIE
Trois conditions premières de succès de la transition démocratique
1076 Visites
Par Rachid Sfar, Ancien Premier ministre
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2011-07-26
Commémorer l’anniversaire de la naissance de la République est une occasion privilégiée de nous interroger sur l’avenir de notre pays et sur les conditions de succès de la transition démocratique et du rééquilibrage du développement économique.
De toute évidence, trois conditions premières, seront à la base du succès de notre transition démocratique et de l’avenir de notre pays.
1-La première condition est relative à la transformation radicale du fonctionnement de nos Institutions Politiques dont le point de départ sera l’adoption d’une nouvelle Constitution qui pallie les défauts de la défunte constitution qui a fait l’objet de nombreuses néfastes modifications. La nouvelle Constitution se doit de garantir l’effective application des libertés fondamentales, du respect des droits des citoyens et de la préservation absolue des acquis tunisiens en matière des droits de la femme. Elle doit également rendre effective et efficace le contrôle de l’activité de l’Exécutif – Président de la République et Gouvernement- par le Parlement notamment par le biais des commissions d’enquête et d’évaluation et par une indépendance effective et totale de la Cour des Comptes et de la Cour de discipline budgétaire. Le Parlement doit être habilité et doté des moyens lui permettant de procéder périodiquement à l’évaluation de l’application des lois et des décrets promulgués. La Constitution devra surtout prévoir explicitement les règles de constitution et de fonctionnement des partis politiques afin de prévenir le risque grave de voir un parti devenant majoritaire refuser de respecter le vrai pluralisme et la vrai démocratie ou remettre en cause le statut de la femme.
2- La stabilité et la paix intérieure de notre pays est une deuxième condition fondamentale pour le succès. Après plus de vingt ans de régime quasi dictatorial avec des dérives mafieuses impensables ; le rétablissement de toutes les libertés publiques fondamentales indispensables à un véritable Etat de droit ,mais sans le rétablissement de la confiance en soi et en l’autre, sans un enracinement profond et sans une généralisation systématique d’une authentique culture démocratique fondée sur le respect de l’Autre et enfin sans l’abolition de toute forme d’exclusion, peut conduire à la multiplication des tensions ,des désordres et des débordements à répétition qui nuisent à l’image de la Tunisie et bloque son indispensable relance pour un développement économique et social plus équilibré et plus accéléré. Le rétablissement de la confiance passe par des actions énergiques urgentes de soutiens matériel et moral à la hauteur des sacrifices des martyrs de la révolution et à la hauteur de ceux qui ont souffert des dérives de l’ancien régime, ainsi que par la généralisation du dialogue serein et calme sur les questions vitales pour l’avenir du pays.
Nous Citoyens tunisiens devront faire l’effort pour trouver en nous-mêmes les règles vertueuses du bon vivre ensemble en jouissant des libertés nouvelles que la révolution nous a apportées et découvrir que nos droits comportent leur équivalent en devoirs. Bien entendu l’accélération des Réforme radicales des Forces de l’Ordre et les garanties effectives apportées au système judiciaire lui-même réformé et doté des moyens adéquats ainsi que l’application sereine de la loi mais dans toute sa rigueur à l’encontre de tous ceux dont la participation effective aux malversations et aux crimes est prouvée constituent des facteurs essentiels du rétablissement de la confiance dans notre pays. A ce stade il est impératif de saluer le rôle salutaire de notre armée aussi bien dans le changement du régime que dans la sauvegarde de la sécurité de notre pays et de ses frontières.
3- La troisième condition de succès de notre transition économique réside dans la relance du développement économique et social de notre pays sur de nouvelles bases. Il est admis par tous qu’un taux de croissance minimum de7 pour cent est indispensable pour créer suffisamment d’emplois et absorber le plus grand nombre de jeunes diplômés qui attendent depuis des années et ceux qui arrivent chaque année sur le marché du travail. Il est indispensable que les entrepreneurs tunisiens reprennent une confiance totale dans la viabilité des stratégies définies pour la relance et pour la garantie et la protection des investissements de toute forme de prédation. Le taux de nos investissements publics et privés doit se développer pour tendre annuellement vers 35 pour cent de notre PIB.Mais il ne s’agit pas de n’importe quel investissement. Le bon choix des nouveaux investissements est vital….Il ne faut plus renouveler les erreurs du passé…Bien choisir les investissements en infrastructures pour désenclaver les régions défavorisées est une priorité et une évidence. Le choix des investissements directement productifs notamment dans le domaine agricole , industriel et des services pose plus de problèmes et exige des compétences techniques et de management qui ne sont pas toujours disponibles si on veut sortir de la simple sous-traitance pour aller notamment vers une industrie à forte valeur ajoutée à laquelle j’avais appelé de tous mes vœux depuis les années soixante dix du vingtième siècle quand on m’a placé à la tète du Ministère de l’industrie. Une vérité première est à rappeler toute croissance n’est pas porteuse de création d’emplois correspondant à nos besoins. Le bon choix des investissements et une allocation judicieuse de nos maigres ressources devient une question vitale. La restructuration de notre secteur bancaire est une autre priorité et la recapitalisation de certaines banques me parait urgente.Il faut partir d’un diagnostic approfondi et sans complaisance de notre tissu économique dans tous les secteurs, situation financière réelle des entreprises, taille, technologie utilisée, qualité et compétitivité de la production, encadrement, qualité des dirigeants, composition des conseils d’administration….Il faut mettre ce diagnostic à la disposition de tous les partis politiques qui souhaitent présenter un programme économique crédible et faisable dans le cadre de la crise que vit le monde. Enfin il faut renégocier notre accord de libre échange avec l’Union européenne pour lui assurer un meilleur équilibre et tisser des liens économiques et financiers bilatéraux avec les pays maghrébins et arabes qui soient au niveau de ce que nous souhaitons faire aboutir au niveau multilatéral qui reste actuellement et pour des années encore malheureusement bloqué.
Préfigurons au niveau bilatéral ce que nous voulons faire au niveau multilatéral; cela des années que j’appelle à cette évidence.
Rachid Sfar,
Ancien premier Ministre
1076 Visites
Par Rachid Sfar, Ancien Premier ministre
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2011-07-26
Commémorer l’anniversaire de la naissance de la République est une occasion privilégiée de nous interroger sur l’avenir de notre pays et sur les conditions de succès de la transition démocratique et du rééquilibrage du développement économique.
De toute évidence, trois conditions premières, seront à la base du succès de notre transition démocratique et de l’avenir de notre pays.
1-La première condition est relative à la transformation radicale du fonctionnement de nos Institutions Politiques dont le point de départ sera l’adoption d’une nouvelle Constitution qui pallie les défauts de la défunte constitution qui a fait l’objet de nombreuses néfastes modifications. La nouvelle Constitution se doit de garantir l’effective application des libertés fondamentales, du respect des droits des citoyens et de la préservation absolue des acquis tunisiens en matière des droits de la femme. Elle doit également rendre effective et efficace le contrôle de l’activité de l’Exécutif – Président de la République et Gouvernement- par le Parlement notamment par le biais des commissions d’enquête et d’évaluation et par une indépendance effective et totale de la Cour des Comptes et de la Cour de discipline budgétaire. Le Parlement doit être habilité et doté des moyens lui permettant de procéder périodiquement à l’évaluation de l’application des lois et des décrets promulgués. La Constitution devra surtout prévoir explicitement les règles de constitution et de fonctionnement des partis politiques afin de prévenir le risque grave de voir un parti devenant majoritaire refuser de respecter le vrai pluralisme et la vrai démocratie ou remettre en cause le statut de la femme.
2- La stabilité et la paix intérieure de notre pays est une deuxième condition fondamentale pour le succès. Après plus de vingt ans de régime quasi dictatorial avec des dérives mafieuses impensables ; le rétablissement de toutes les libertés publiques fondamentales indispensables à un véritable Etat de droit ,mais sans le rétablissement de la confiance en soi et en l’autre, sans un enracinement profond et sans une généralisation systématique d’une authentique culture démocratique fondée sur le respect de l’Autre et enfin sans l’abolition de toute forme d’exclusion, peut conduire à la multiplication des tensions ,des désordres et des débordements à répétition qui nuisent à l’image de la Tunisie et bloque son indispensable relance pour un développement économique et social plus équilibré et plus accéléré. Le rétablissement de la confiance passe par des actions énergiques urgentes de soutiens matériel et moral à la hauteur des sacrifices des martyrs de la révolution et à la hauteur de ceux qui ont souffert des dérives de l’ancien régime, ainsi que par la généralisation du dialogue serein et calme sur les questions vitales pour l’avenir du pays.
Nous Citoyens tunisiens devront faire l’effort pour trouver en nous-mêmes les règles vertueuses du bon vivre ensemble en jouissant des libertés nouvelles que la révolution nous a apportées et découvrir que nos droits comportent leur équivalent en devoirs. Bien entendu l’accélération des Réforme radicales des Forces de l’Ordre et les garanties effectives apportées au système judiciaire lui-même réformé et doté des moyens adéquats ainsi que l’application sereine de la loi mais dans toute sa rigueur à l’encontre de tous ceux dont la participation effective aux malversations et aux crimes est prouvée constituent des facteurs essentiels du rétablissement de la confiance dans notre pays. A ce stade il est impératif de saluer le rôle salutaire de notre armée aussi bien dans le changement du régime que dans la sauvegarde de la sécurité de notre pays et de ses frontières.
3- La troisième condition de succès de notre transition économique réside dans la relance du développement économique et social de notre pays sur de nouvelles bases. Il est admis par tous qu’un taux de croissance minimum de7 pour cent est indispensable pour créer suffisamment d’emplois et absorber le plus grand nombre de jeunes diplômés qui attendent depuis des années et ceux qui arrivent chaque année sur le marché du travail. Il est indispensable que les entrepreneurs tunisiens reprennent une confiance totale dans la viabilité des stratégies définies pour la relance et pour la garantie et la protection des investissements de toute forme de prédation. Le taux de nos investissements publics et privés doit se développer pour tendre annuellement vers 35 pour cent de notre PIB.Mais il ne s’agit pas de n’importe quel investissement. Le bon choix des nouveaux investissements est vital….Il ne faut plus renouveler les erreurs du passé…Bien choisir les investissements en infrastructures pour désenclaver les régions défavorisées est une priorité et une évidence. Le choix des investissements directement productifs notamment dans le domaine agricole , industriel et des services pose plus de problèmes et exige des compétences techniques et de management qui ne sont pas toujours disponibles si on veut sortir de la simple sous-traitance pour aller notamment vers une industrie à forte valeur ajoutée à laquelle j’avais appelé de tous mes vœux depuis les années soixante dix du vingtième siècle quand on m’a placé à la tète du Ministère de l’industrie. Une vérité première est à rappeler toute croissance n’est pas porteuse de création d’emplois correspondant à nos besoins. Le bon choix des investissements et une allocation judicieuse de nos maigres ressources devient une question vitale. La restructuration de notre secteur bancaire est une autre priorité et la recapitalisation de certaines banques me parait urgente.Il faut partir d’un diagnostic approfondi et sans complaisance de notre tissu économique dans tous les secteurs, situation financière réelle des entreprises, taille, technologie utilisée, qualité et compétitivité de la production, encadrement, qualité des dirigeants, composition des conseils d’administration….Il faut mettre ce diagnostic à la disposition de tous les partis politiques qui souhaitent présenter un programme économique crédible et faisable dans le cadre de la crise que vit le monde. Enfin il faut renégocier notre accord de libre échange avec l’Union européenne pour lui assurer un meilleur équilibre et tisser des liens économiques et financiers bilatéraux avec les pays maghrébins et arabes qui soient au niveau de ce que nous souhaitons faire aboutir au niveau multilatéral qui reste actuellement et pour des années encore malheureusement bloqué.
Préfigurons au niveau bilatéral ce que nous voulons faire au niveau multilatéral; cela des années que j’appelle à cette évidence.
Rachid Sfar,
Ancien premier Ministre
lundi 8 août 2011
LES MESSAGES LÉGUÉS PAR MOM PÈRE TAHAR SFAR LEADER ET CO-FONDATEUR DU PARTI NATIONALISTE NEO-DESTOURIEN 1903-1942.
"EN TUNISIE, LA RÉALITÉ LA PLUS IMPORTANTE, DONT TOUT LÉGISLATEUR, QUEL QU’IL SOIT DOIT S’INSPIRER, C’EST L'ASPIRATION DU PEUPLE TUNISIEN, DANS SON ENSEMBLE, À VIVRE D'UNE VIE DIGNE, DANS UNE ATMOSPHÈRE DE LIBERTÉ."
TAHAR SFAR. L’Action tunisienne. 1937
Tahar Sfar, dés le début de son combat a considéré qu'en politique comme en toute autre activité ,la fin ne doit en aucun cas justifier n'importe quel moyen, il était foncièrement convaincu qu' opter pour le contraire, c'était ouvrir la voie au totalitarisme et à la répression qu'on est censé combattre.
C'est pourquoi Tahar Sfar a toujours envisagé et préconisé une première étape dans le combat politique du mouvement national conduisant à l'indépendance, qui devait mettre surtout l'accent sur l'apprentissage par la pratique , par l'exemple et par l'éducation, de la vraie démocratie, et cela en faveur de l'ensemble des composantes du peuple tunisien. Cette mission devait être, selon lui, celle d'un grand Parti Nationaliste de masse qui ,laissant la place obligatoirement à d'autres partis et à d'autres courants de pensées, devait se fixer comme premier objectif de faire prendre conscience à l'ensemble des tunisiens, de leur appartenance à une même nation et de leur nécessaire participation pacifique au long et patient combat de libération nationale dont l'aboutissement lui paraissait, à plus ou moins long terme, inéluctable compte tenu de l'évolution qui se dessinait dans le monde . En tout état de cause, et je m'excuse auprès du lecteur de me répéter sur ce point du non recours à la violence physique, qui était et demeure capital pour l'avenir de notre pays, cela d'ailleurs s'est vérifié par la suite à de multiple occasions auxquelles nous aurons à revenir.
Le combat politique de libération pour Tahar Sfar se devait d'être l'occasion la plus propice pour l'enracinement d'une sorte de culture de la démocratie, auprès des élites et des masses tunisiennes ;c'est pourquoi il insistait souvent dans ses écrits sur ce qu'on pourrait appeler la déontologie de la critique qui doit prémunir les partis contre les luttes intestines et stériles contre la démagogie et les comportements diffamatoires qui sont autant d'ennemies de la démocratie.
Ce faisant, Tahar Sfar exprimait les souhaits profonds des élites successives qui ont milité depuis le début du siècle notamment, selon le contexte particulier à chaque période, pour une Tunisie souveraine et démocratique même si cela nécessitait obligatoirement un long apprentissage et de grandes et longues étapes
En Mars 1931,Tahar Sfar, écrira dans un article publié dans "La Voix du Tunisien" sous le titre anodin de" DOCTRINES ET FAITS NOUVEAUX"à propos de la situation des peuples colonisés "...Sentant qu'ils sont menacés de disparition ,que la misère et la faim les guettent, que la loi de la sélection naturelle se retourne contre eux;eux aussi se rapprochent les un des autres, s'unissent, joignent leurs faibles mains dans un mouvement de solidarité instinctive, puis ce plus en plus consciente, à mesure que s'aggravent les conséquences du régime d'inégalité et de servitude ,toutes ces foules, spontanément unies, finissent par comprendre que malgré la faiblesse ,à laquelle elles sont réduites en tant que producteurs, elles constituent néanmoins une force très grande comme consommateurs,que ce sont, en fin de compte, leurs multiples misères qui donnent naissance à ces richesses éblouissantes qu'elles observent chez les privilégiés, que c'est à eux à faire la loi au lieu de la subir servilement."
"Ces idées, poursuit Tahar Sfar, développées et précisées par l'élite, forment toute une doctrine d'émancipation politique et sociale qui fait irrésistiblement son chemin dans les masses exploitées;GANDHI a attaché son nom à cette doctrine et l'a replacée dans le domaine de l'action.
Il y a vu un moyen efficace d'arriver d'une manière certaine à la libération des peuples opprimés, SANS RECOURS A LA VIOLENCE et rien que par la mise en oeuvre des forces latentes contenues dans les droits économiques, il y a vu également un moyen habile de faire comprendre aux multitudes asservies combien, au fond elles sont indispensables aux maîtres de l'heure grâce à leur grande surface de consommation d'abord, et à leur importance dans le domaine de la production ensuite. User " du droit de ne pas acheter" apparut aussitôt comme une arme de défense très puissante et un procédé pratique et ingénieux pour s’imposer au respect et obtenir l'abolition d'un régime oligarchique, fondé sur l'inégalité et l'arbitraire. L'Inde fut le milieu où l'on fit l'expérience de ces nouvelles formules et où l'on mit à l'épreuve les nouveaux moyens de lutte;les autres pays asservis n'attendirent pas les résultats de l'essai;eux aussi, à l'exemple du peuple hindou, lancèrent le mot d'ordre de " boycottage, de non-coopération «et de résistance passive." Tel fut le fil directeur de la philosophie politique à la quelle Tahar Sfar resta fidèle durant toute sa courte vie
TAHAR SFAR. L’Action tunisienne. 1937
Tahar Sfar, dés le début de son combat a considéré qu'en politique comme en toute autre activité ,la fin ne doit en aucun cas justifier n'importe quel moyen, il était foncièrement convaincu qu' opter pour le contraire, c'était ouvrir la voie au totalitarisme et à la répression qu'on est censé combattre.
C'est pourquoi Tahar Sfar a toujours envisagé et préconisé une première étape dans le combat politique du mouvement national conduisant à l'indépendance, qui devait mettre surtout l'accent sur l'apprentissage par la pratique , par l'exemple et par l'éducation, de la vraie démocratie, et cela en faveur de l'ensemble des composantes du peuple tunisien. Cette mission devait être, selon lui, celle d'un grand Parti Nationaliste de masse qui ,laissant la place obligatoirement à d'autres partis et à d'autres courants de pensées, devait se fixer comme premier objectif de faire prendre conscience à l'ensemble des tunisiens, de leur appartenance à une même nation et de leur nécessaire participation pacifique au long et patient combat de libération nationale dont l'aboutissement lui paraissait, à plus ou moins long terme, inéluctable compte tenu de l'évolution qui se dessinait dans le monde . En tout état de cause, et je m'excuse auprès du lecteur de me répéter sur ce point du non recours à la violence physique, qui était et demeure capital pour l'avenir de notre pays, cela d'ailleurs s'est vérifié par la suite à de multiple occasions auxquelles nous aurons à revenir.
Le combat politique de libération pour Tahar Sfar se devait d'être l'occasion la plus propice pour l'enracinement d'une sorte de culture de la démocratie, auprès des élites et des masses tunisiennes ;c'est pourquoi il insistait souvent dans ses écrits sur ce qu'on pourrait appeler la déontologie de la critique qui doit prémunir les partis contre les luttes intestines et stériles contre la démagogie et les comportements diffamatoires qui sont autant d'ennemies de la démocratie.
Ce faisant, Tahar Sfar exprimait les souhaits profonds des élites successives qui ont milité depuis le début du siècle notamment, selon le contexte particulier à chaque période, pour une Tunisie souveraine et démocratique même si cela nécessitait obligatoirement un long apprentissage et de grandes et longues étapes
En Mars 1931,Tahar Sfar, écrira dans un article publié dans "La Voix du Tunisien" sous le titre anodin de" DOCTRINES ET FAITS NOUVEAUX"à propos de la situation des peuples colonisés "...Sentant qu'ils sont menacés de disparition ,que la misère et la faim les guettent, que la loi de la sélection naturelle se retourne contre eux;eux aussi se rapprochent les un des autres, s'unissent, joignent leurs faibles mains dans un mouvement de solidarité instinctive, puis ce plus en plus consciente, à mesure que s'aggravent les conséquences du régime d'inégalité et de servitude ,toutes ces foules, spontanément unies, finissent par comprendre que malgré la faiblesse ,à laquelle elles sont réduites en tant que producteurs, elles constituent néanmoins une force très grande comme consommateurs,que ce sont, en fin de compte, leurs multiples misères qui donnent naissance à ces richesses éblouissantes qu'elles observent chez les privilégiés, que c'est à eux à faire la loi au lieu de la subir servilement."
"Ces idées, poursuit Tahar Sfar, développées et précisées par l'élite, forment toute une doctrine d'émancipation politique et sociale qui fait irrésistiblement son chemin dans les masses exploitées;GANDHI a attaché son nom à cette doctrine et l'a replacée dans le domaine de l'action.
Il y a vu un moyen efficace d'arriver d'une manière certaine à la libération des peuples opprimés, SANS RECOURS A LA VIOLENCE et rien que par la mise en oeuvre des forces latentes contenues dans les droits économiques, il y a vu également un moyen habile de faire comprendre aux multitudes asservies combien, au fond elles sont indispensables aux maîtres de l'heure grâce à leur grande surface de consommation d'abord, et à leur importance dans le domaine de la production ensuite. User " du droit de ne pas acheter" apparut aussitôt comme une arme de défense très puissante et un procédé pratique et ingénieux pour s’imposer au respect et obtenir l'abolition d'un régime oligarchique, fondé sur l'inégalité et l'arbitraire. L'Inde fut le milieu où l'on fit l'expérience de ces nouvelles formules et où l'on mit à l'épreuve les nouveaux moyens de lutte;les autres pays asservis n'attendirent pas les résultats de l'essai;eux aussi, à l'exemple du peuple hindou, lancèrent le mot d'ordre de " boycottage, de non-coopération «et de résistance passive." Tel fut le fil directeur de la philosophie politique à la quelle Tahar Sfar resta fidèle durant toute sa courte vie
lundi 25 juillet 2011
CONDITIONS PREMIERES POUR LE SUCCES DE LA TRANSITION DEMOCRATIQUE EN TUNISIE PAR RACHID SFAR
Commémorer l’anniversaire de la naissance de la République est une occasion privilégiée de nous interroger sur l’avenir de notre pays et sur les conditions de succès de la transition démocratique et du rééquilibrage du développement économique.
Par Rachid SFAR.
De toute évidence, trois conditions premières, seront à la base du succès de notre transition démocratique et de l’avenir de notre pays.
1-La première condition est relative à la transformation radicale du fonctionnement de nos Institutions Politiques dont le point de départ sera l’adoption d’une nouvelle Constitution qui pallie aux défauts de la défunte constitution qui a fait l’objet de nombreuses néfastes modifications. La nouvelle Constitution se doit de garantir l’effective application des libertés fondamentales, du respect des droits des citoyens et de la préservation absolue des acquis tunisiens en matière des droits de la femme. Elle doit également rendre effective et efficace le contrôle de l’activité de l’Exécutif – Président de la République et Gouvernement- par le Parlement notamment par le biais des commissions d’enquête et d’évaluation et grâce à une indépendance effective et totale de la Cour des Comptes et de la Cour de discipline budgétaire. Le Parlement devrait être doté des moyens lui permettant de procéder périodiquement à l’évaluation de l’application des lois et des décrets promulgués. La Constitution devrait également prévoir explicitement les règles de constitution et de fonctionnement des partis politiques afin de prévenir le risque grave de voir un parti devenant majoritaire refuser de respecter le vrai pluralisme et la vraie démocratie ou remettre en cause le statut de la femme.
2- La stabilité et la paix intérieure de notre pays est une deuxième condition fondamentale pour le succès. Après plus de vingt ans de régime quasi dictatorial avec des dérives mafieuses impensables ; le rétablissement de toutes les libertés publiques fondamentales indispensables à un véritable Etat de droit - mais sans un renforcement de la confiance en soi et en l’autre, sans un enracinement profond d’une authentique culture démocratique fondée sur le respect de l’Autre et enfin sans l’abolition de toute forme d’exclusion- peut conduire à la multiplication des tensions ,des désordres et des débordements à répétition qui nuisent à l’image de la Tunisie et bloque son indispensable relance pour un développement économique et social plus équilibré et plus accéléré. Le rétablissement de la confiance passe par des actions énergiques urgentes de soutiens matériel et moral à la hauteur des sacrifices des martyrs de la révolution et à la hauteur de ceux qui ont souffert des dérives de l’ancien régime. Ce rétablissement de la confiance passe aussi que par la généralisation du dialogue serein et calme sur toutes les questions vitales pour l’avenir du pays. Nous Citoyens tunisiens devront tous faire l’effort pour trouver en nous-mêmes les règles vertueuses du bon vivre ensemble en jouissant des libertés nouvelles que la révolution nous a apportées et découvrir que nos droits comportent leur équivalent en devoirs. Bien entendu l’accélération des Réforme radicales des Forces de l’Ordre et les garanties effectives apportées au système judiciaire lui-même réformé et doté des moyens adéquats ainsi que l’application de la loi dans toute sa rigueur à l’encontre de tous ceux dont la participation effective aux malversations et aux crimes est prouvée constituent également des facteurs essentiels du rétablissement de la confiance dans notre pays. A ce stade il est impératif de saluer le rôle salutaire de notre armée aussi bien dans le changement du régime que dans la sauvegarde de la sécurité de notre pays et de ses frontières.
3-la troisième condition de succès de notre transition économique réside dans la relance du développement économique et social de notre pays sur de nouvelles bases. Il est admis par tous, aujourd’hui qu’un taux de croissance minimum de 7 pour cent est indispensable pour créer suffisamment d’emplois et absorber le plus grand nombre de jeunes diplômés qui attendent depuis des années ainsi que ceux qui arrivent chaque année sur le marché du travail. C’est pourquoi Il est indispensable que les entrepreneurs tunisiens reprennent une confiance totale dans la viabilité des stratégies définies pour la relance et pour la protection des investissements de toute forme de prédation. Le taux de nos investissements publics et privés doit se développer pour tendre annuellement vers 35 pour cent de notre PIB. Mais il ne s’agit pas de réaliser n’importe quel investissement. Le bon choix des nouveaux investissements est vital….Il ne faut plus renouveler les erreurs du passé…Bien choisir les investissements en infrastructures pour désenclaver les régions défavorisées est une priorité évidente et leur choix est aisé. Par contre le choix des investissements directement productifs notamment dans le domaine agricole , industriel et des services pose plus de problèmes et exige des compétences techniques et de management qui ne sont pas toujours disponibles si on veut sortir de la simple sous-traitance pour aller notamment vers une industrie à forte valeur ajoutée à laquelle j’avais appelé de tous mes vœux depuis les années soixante dix du vingtième siècle quand on m’a placé à la tète du Ministère de l’industrie. Une vérité première est à rappeler toute croissance n’est plus aujourd’hui porteuse de création d’emplois correspondant à nos besoins. Le bon choix des investissements et une allocation judicieuse de nos maigres ressources devient une question vitale. La restructuration de notre secteur bancaire est une autre priorité et la recapitalisation de certaines banques me parait urgente. Il faut partir d’un diagnostic approfondi et sans complaisance de notre tissu économique dans tous les secteurs, situation financière réelle des entreprises publiques et privées , taille, technologie utilisée, qualité et compétitivité de la production, encadrement, qualité des dirigeants, composition des conseils d’administration….Il faut mettre ce diagnostic à la disposition de tous les partis politiques qui souhaitent présenter un programme économique crédible et faisable dans le cadre de la crise que vit le monde. Enfin il faut renégocier notre accord de libre échange avec l’Union européenne pour lui assurer un meilleur équilibre et tisser des liens économiques et financiers bilatéraux avec les pays maghrébins et arabes qui soient au niveau de ce que nous souhaitons faire aboutir au niveau multilatéral qui reste actuellement et pour des années encore malheureusement bloqué. Préfigurons au niveau bilatéral ce que nous voulons faire au niveau multilatéral ; cela fait des années que je multiplie cet appel pour mettre en œuvre ce qui n’est que simple évidence.
Rachid Sfar
Ancien premier Ministre du Président Habib Bourguiba.
Par Rachid SFAR.
De toute évidence, trois conditions premières, seront à la base du succès de notre transition démocratique et de l’avenir de notre pays.
1-La première condition est relative à la transformation radicale du fonctionnement de nos Institutions Politiques dont le point de départ sera l’adoption d’une nouvelle Constitution qui pallie aux défauts de la défunte constitution qui a fait l’objet de nombreuses néfastes modifications. La nouvelle Constitution se doit de garantir l’effective application des libertés fondamentales, du respect des droits des citoyens et de la préservation absolue des acquis tunisiens en matière des droits de la femme. Elle doit également rendre effective et efficace le contrôle de l’activité de l’Exécutif – Président de la République et Gouvernement- par le Parlement notamment par le biais des commissions d’enquête et d’évaluation et grâce à une indépendance effective et totale de la Cour des Comptes et de la Cour de discipline budgétaire. Le Parlement devrait être doté des moyens lui permettant de procéder périodiquement à l’évaluation de l’application des lois et des décrets promulgués. La Constitution devrait également prévoir explicitement les règles de constitution et de fonctionnement des partis politiques afin de prévenir le risque grave de voir un parti devenant majoritaire refuser de respecter le vrai pluralisme et la vraie démocratie ou remettre en cause le statut de la femme.
2- La stabilité et la paix intérieure de notre pays est une deuxième condition fondamentale pour le succès. Après plus de vingt ans de régime quasi dictatorial avec des dérives mafieuses impensables ; le rétablissement de toutes les libertés publiques fondamentales indispensables à un véritable Etat de droit - mais sans un renforcement de la confiance en soi et en l’autre, sans un enracinement profond d’une authentique culture démocratique fondée sur le respect de l’Autre et enfin sans l’abolition de toute forme d’exclusion- peut conduire à la multiplication des tensions ,des désordres et des débordements à répétition qui nuisent à l’image de la Tunisie et bloque son indispensable relance pour un développement économique et social plus équilibré et plus accéléré. Le rétablissement de la confiance passe par des actions énergiques urgentes de soutiens matériel et moral à la hauteur des sacrifices des martyrs de la révolution et à la hauteur de ceux qui ont souffert des dérives de l’ancien régime. Ce rétablissement de la confiance passe aussi que par la généralisation du dialogue serein et calme sur toutes les questions vitales pour l’avenir du pays. Nous Citoyens tunisiens devront tous faire l’effort pour trouver en nous-mêmes les règles vertueuses du bon vivre ensemble en jouissant des libertés nouvelles que la révolution nous a apportées et découvrir que nos droits comportent leur équivalent en devoirs. Bien entendu l’accélération des Réforme radicales des Forces de l’Ordre et les garanties effectives apportées au système judiciaire lui-même réformé et doté des moyens adéquats ainsi que l’application de la loi dans toute sa rigueur à l’encontre de tous ceux dont la participation effective aux malversations et aux crimes est prouvée constituent également des facteurs essentiels du rétablissement de la confiance dans notre pays. A ce stade il est impératif de saluer le rôle salutaire de notre armée aussi bien dans le changement du régime que dans la sauvegarde de la sécurité de notre pays et de ses frontières.
3-la troisième condition de succès de notre transition économique réside dans la relance du développement économique et social de notre pays sur de nouvelles bases. Il est admis par tous, aujourd’hui qu’un taux de croissance minimum de 7 pour cent est indispensable pour créer suffisamment d’emplois et absorber le plus grand nombre de jeunes diplômés qui attendent depuis des années ainsi que ceux qui arrivent chaque année sur le marché du travail. C’est pourquoi Il est indispensable que les entrepreneurs tunisiens reprennent une confiance totale dans la viabilité des stratégies définies pour la relance et pour la protection des investissements de toute forme de prédation. Le taux de nos investissements publics et privés doit se développer pour tendre annuellement vers 35 pour cent de notre PIB. Mais il ne s’agit pas de réaliser n’importe quel investissement. Le bon choix des nouveaux investissements est vital….Il ne faut plus renouveler les erreurs du passé…Bien choisir les investissements en infrastructures pour désenclaver les régions défavorisées est une priorité évidente et leur choix est aisé. Par contre le choix des investissements directement productifs notamment dans le domaine agricole , industriel et des services pose plus de problèmes et exige des compétences techniques et de management qui ne sont pas toujours disponibles si on veut sortir de la simple sous-traitance pour aller notamment vers une industrie à forte valeur ajoutée à laquelle j’avais appelé de tous mes vœux depuis les années soixante dix du vingtième siècle quand on m’a placé à la tète du Ministère de l’industrie. Une vérité première est à rappeler toute croissance n’est plus aujourd’hui porteuse de création d’emplois correspondant à nos besoins. Le bon choix des investissements et une allocation judicieuse de nos maigres ressources devient une question vitale. La restructuration de notre secteur bancaire est une autre priorité et la recapitalisation de certaines banques me parait urgente. Il faut partir d’un diagnostic approfondi et sans complaisance de notre tissu économique dans tous les secteurs, situation financière réelle des entreprises publiques et privées , taille, technologie utilisée, qualité et compétitivité de la production, encadrement, qualité des dirigeants, composition des conseils d’administration….Il faut mettre ce diagnostic à la disposition de tous les partis politiques qui souhaitent présenter un programme économique crédible et faisable dans le cadre de la crise que vit le monde. Enfin il faut renégocier notre accord de libre échange avec l’Union européenne pour lui assurer un meilleur équilibre et tisser des liens économiques et financiers bilatéraux avec les pays maghrébins et arabes qui soient au niveau de ce que nous souhaitons faire aboutir au niveau multilatéral qui reste actuellement et pour des années encore malheureusement bloqué. Préfigurons au niveau bilatéral ce que nous voulons faire au niveau multilatéral ; cela fait des années que je multiplie cet appel pour mettre en œuvre ce qui n’est que simple évidence.
Rachid Sfar
Ancien premier Ministre du Président Habib Bourguiba.
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