mardi 13 septembre 2011

BIOGRAPHIE EXPRESS DE RACHID SFAR

BIOGRAPHIE EXPRESS DE RACHID SFAR. Rachid Sfar (رشيد صفر), né le 11 septembre 1933 à Mahdia, est un technocrate tunisien qui a été amené à assumer de lourdes responsabilités politiques pendant des périodes difficiles pour son pays .Nommé Premier ministre pour redresser les finances du pays, il sera l'avant-dernier chef de gouvernement du président Habib Bourguiba et sera remercié un mois avant la destitution de ce dernier.Fils de Tahar Sfar, cofondateur avec Habib Bourguiba, Mahmoud El Materi, Bahri Guiga et de M'hamed Bourguiba du Néo-Destour en 1934,

Sa formation.
Rachid Sfar effectue, après des études secondaires au collège de Sfax - 1946 à 1952-; de 1953 à 1958, des études supérieures de lettres, de droit et de sciences économiques à Tunis où il compte notamment parmi ses professeurs François Châtelet, professeur de philosophie enseignant à Tunis de 1953 à 1955, Raymond Barre, professeur d'économie politique dont il suit les cours pendant les années de son enseignement en Tunisie, et Jean Ganiage, professeur d'histoire qui le charge en novembre 1956 de faire un exposé sur l'historique du « miracle économique » japonais. La préparation de cet exposé ainsi qu’une conférence présentée par Raymond Barre en janvier 1954 sur la situation de l’économie tunisienne sont à l'origine de son choix définitif porté sur une orientation vers les sciences économiques, les finances publiques et la fiscalité. Rachid Sfar achève ses études à Paris (1958-1959) où il suit plus particulièrement les enseignements de l'École nationale des impôts (section des inspecteurs) relevant du Ministère des Finances et de l’économie.
Sa carrière administrative.

 De 1960 à 1977, il assume de hautes fonctions administratives notamment au Ministère des Finances dont il sera le directeur général des impôts de 1969 à 1970 et le secrétaire général de 1974 à 1977. De 1973à 1974 il asume les fonctions de secrétaire général du ministère de l'éducation nationale et de l'enseignement supérieur.  
Sa carrière politique 

Après avoir occupé plusieurs portefeuilles ministériels (Industrie, Défense nationale, Santé publique, Économie nationale et Finances) de 1977 à 1986, Sfar est chargé par Bourguiba des fonctions de Premier ministre, le 8 juillet 1986, pour rétablir les équilibres financiers et économiques du pays. Il s'efforce pendant cette période de 15 mois de restaurer une situation financière dégradée, des réserves en devises épuisées et une économie affaiblie dans un contexte politique dégradé. Sous la pression de Bourguiba qui veut reprendre les rênes de son pouvoir après avoir senti que Mzali avait trahi sa confiance et devant la montée du mouvement islamiste, la normalisation de la vie politique et la démocratisation initiées au début des années 1980 ne sont plus la priorité de l'État. Le gouvernement de Sfar hérite du gouvernement précédent Zine el-Abidine Ben Ali, d'abord comme ministre de l'Intérieur, puis avec le titre de ministre d'État. Rachid Sfar est remplacé par Ben Ali à la tête du gouvernement le 2 octobre 1987 dans des conditions restées célèbres : il essuie une colère du président Bourguiba à la fin du Conseil des ministres et devant tous ses collègues Bourguiba déclare ne pas se souvenir d’ avoir autorisé certaines nomination à de hautes responsabilités dont celle de Abdelmalek Laarif à la direction du Parti socialiste destourien (successeur du Néo-Destour)et celle de Mohamed Ghanouchi Secrétaire d’Etat au Plan dont le nom lui rapelle çelui de l'opposant islamiste et en fait porter la responsabilité à son Premier ministre Sfar.En réalité Bourguiba était en colère parce que mécontent du jugement relativement modéré prononcé par la Haute Cour présidée par Hachémi Zemmal à l’encontre des dirigeants du Mouvement Islamiste dont il escomptait la peine suprême. De surcroit sa nièce Saida Sassi , conseillée principalement, par Ben Ali lui souffla que son Premier Ministre Sfar avait encouragé les deux députés de la Haute cour Abdallah Abbab et Mohamed Mastouri à ne pas voter pour la condamnation à mort des dirigeants islamistes.  

Sa démission des fonctions de Premier Ministre. 
De retour à son Bureau après avoir accompagné à l’aéroport de Tunis le Premier Ministre Marocain E. Laraki venu à Tunis porteur d’une missive du Roi du Maroc ,Rachid Sfar téléphone à quelques collègues pour les informer qu’il démissionne de ses fonctions et qu’il a déjà chargé le Dr Amor Chédlly d’en informé officiellement le Chef de l’Etat pour pourvoir à son remplacement. Le soir du Premier Octobre 1987 le téléphone sonne tard à deux reprises au domicile de Rachid Sfar ; c’est Mr Hédi Baccouche qui est chargé par Ben Ali de demander à Rachid Sfar de surseoir à sa démission au moins pendant encore un mois, le Président comptant relativiser ses remontrances « faites à celui qu’il considère comme son fils » le lendemain matin 2 octobre lors de l’audience habituelle. Sfar confirme le maintien de sa démission quelque soit les conséquences. Le lendemain en rentrant dans le bureau de Bourguiba celui-ci, ne lui laisse pas le temps de parler et lui annonce qu’il a décidé de le remplacer par Ben Ali et qu’il compte le proposer comme candidat à la présidence de la Chambre des députés. Ben Ali , ce jour là, comme d’habitude était tout juste derrière Rachid Sfar.  
Sa Cohabitation forcée et tendue avec la triste Période de Ben Ali.

Élu le 13 octobre à la présidence de la Chambre des députés, Rachid Sfar garde son appartenance au sein du Parti socialiste destourien lorsque Ben Ali devient président de la République le 7 novembre de la même année.  Non satisfait en particulier du simulacre de la réforme de la Constitution en 1988 quand il présidait la Chambre des députés,  Sfar demande à être déchargé de ses fonctions à la Chambre et suggère au nouveau Président de le charger de représenter la Tunisie auprès de la Communauté européenne à Bruxelles où il pense pouvoir être plus utile pour son pays. Son travail intense à Bruxelles est apprécié par beaucoup de cadres  tunisiens, mais pas par  notamment dans l'entourage de Ben-Ali. En effet les exigences qu’il a formulé auprès de la Commission de l'UE à Bruxelles lors du début des négociations, de l’Accord sur la Zone de libre échange et notamment le fait qu’il considérait qu'il était indispensable de faire bénéficier la Tunisie des ressources communautaires en provenance des « Fonds structurels européens » destinées plus particulièrement au développement spécifique des régions défavorisées à l'instar de ce qui a été octroyé aux anciens pays de l'Est de l'Europe, paraissent à certains responsables tunisiens gravitant autour de Ben Ali comme excessives et utopiques. Rachid Sfar doit donc rapidement quitter Bruxelles pour notamment accélérer la conclusion de l'Accord "avant le Maroc" en faisant  accepter par la Tunisie des conditions que Sfar juge déséquilibrées et en défaveur de son pays. Ben Ali va lui confier de 1993 à 1996, pour justifier son retour en Tunisie et camoufler les raisons réelles de son départ de Bruxelles à un moment crucial de négociation d'un important accord, la présidence d'un vague Haut Comité pour le contrôle administratif et financier qui ne dispose en réalité d’aucun vrai pouvoir indépendant d’investigation et d'enquète approfondie. Ce Comité composé  uniquement de quatre cadres est cantonné à assurer « un simple suivi » des correctifs qui doivent être effectués suite à des contrôles effectués par d’autres structures au sein des différents Ministères et par la Cour des Comptes. En 1996, Sfar constatant la faible utilité de son travail demande à faire valoir ses droits à la retraite comme ancien Premier ministre pour reprendre une certaine liberté. Répondant à une simple invitation à l’ouverture du prochain congrès du RCD en 1997 il est surpris en clôture du Congrès de se voir désigné par Ben Ali parmi les membres non élu du Comité Central du RCD alors qu’il n’avait participé à aucun de ses travaux. Il y voit une manœuvre très nette de Ben Ali de neutraliser sa liberté de parole. Sa désignation d’office comme membre de la Chambre des Conseillé procède de la même stratégie mais cette fois elle est accompagnée de menaces non voilée en cas de refus.
Rachid Sfar adresse une lettre ouverte au Président Intérimaire Foued Mbazaa pour se solidariser avec la révolution du 14 janvier 2011 en démissionnant de la Chambre des Conseillers bien avant sa dissolution. Il avait apris au préalable par des amis au mois d’Aout 2010 que son nom figure dans une liste publiée par le journal de langue arabe Ecchouroukk de 65 personnalités qui auraient appelé Ben Ali à se présenter pour un nouveau mandat en 2014 alors qu’il n’avait pas achever la première année de son nouveau mandat. Rachid Sfar proteste contre cette mascarade auprès d’un des conseillés de Ben ALI mais on lui fait comprendre qu’il n’est pas le seul à avoir été mis devant le fait accompli et que toute forme de démenti n’est pas de mise…..  

Ses réflexions pour le XXIe siècle pour le futur de la gouvernance mondiale et l’avenir de la Tunisie et du Maghreb. 
À la veille du nouveau millénaire, il publie aux éditions L'Harmattan à Paris un ouvrage — Mondialisation, régulation et solidarité — prônant des réformes sérieuses du système de gouvernance internationale, notamment celles concernant l'ONU et le FMI, pour assurer la paix et la sécurité, humaniser la mondialisation, atténuer ses inconvénients comme la précarité et le chômage des jeunes et offrir les mêmes chances de développement pour tous les pays. Il préconise dans son ouvrage une réforme radicale de l'ONU inspirée des institutions de l'Union européenne et plaide en faveur d'une transformation du FMI pour en faire, par étapes successives, une véritable banque centrale mondiale en commençant par faire jouer aux droits de tirage spéciaux (DTS) un rôle accru notamment au profit des pays en développement comme la Tunisie.Parmi les derniers travaux effectués sous sa direction, on peut citer un volumineux rapport de réflexion prospective remis au président tunisien et relatif à la « vision sur la Tunisie du XXIe siècle » rédigé en octobre 1995 avec la participation active de plus de 1 000 cadres supérieurs et experts tunisiens dont l'ancien ministre du Plan Mustapha Zaanouni, l'ancien ministre de la Culture et ancien secrétaire général de la Ligue arabe Chedli Klibi, l'ancien gouverneur de la Banque centrale de Tunisie Ismaïl Khelil et le professeur Salah Hannachi, ancien directeur de l'Institut tunisien d'études stratégiques, en sa qualité de rapporteur général.Ce rapport insiste plus particulièrement sur un développement régionnal plus équilibré  du pays, sur l'amélioration indispensable de la qualité de la formation des ressources humaines de la Tunisie et sur la nécéssaire véritable démocratisation de la vie politique en Tunisie. Sfar propose à BenAli une large diffusion de ce document pour mobiliser la nation pour un vrai projet de sociétè de progrès mais on lui refuse même sa distribution au cadres ayant participé aux travaux, comme on lui refuse la constitution d’une Association tunisienne pour la vulgarisation des techniques de prospectives tant pour l'Administration que pour les entreprises tunisiennes.
 On peut citer également parmi les autres travaux qu’il a supervisés le rapport sur le « développement des investissements privés en Tunisie » élaboré en 2000 et remis aux autorités tunisiennes. Il est aidé pour ce travail, qui a duré plus de cinq mois, par de nombreux experts et personnalités de premier plan dont notamment le professeur et ancien ministre de l'Éducation Ridha Ferchiou, le professeur et ancien ministre de l'Économie Chedly Ayari et le ministre de l'Industrie Afif Chelbi (toujours en poste en juillet 2008). À l'occasion de la création de l'Union pour la Méditerranée, il propose notamment un vaste programme d'appui à la réforme et à la mise à niveau du système éducatif et universitaire maghrébin basé sur un jumelage actif avec les établissements européens les plus performants et utilisant internet comme outil de mise en œuvre principal pour l’amélioration de la qualité des enseignements.